Le freelance solo a mauvaise presse. On imagine quelqu’un en pyjama qui répond aux mails entre deux épisodes de série, sans process, sans filet, sans vraiment savoir où il va. C’est une image commode. Elle permet aux structures plus grandes de se sentir plus sérieuses par contraste. Elle est aussi, la plupart du temps, complètement fausse.

Ce que le solo change vraiment


Quand vous travaillez avec moi, vous parlez à la personne qui fait le travail. Pas à un directeur de clientèle qui brief un chef de projet qui transmet à un graphiste qui interprète et qui livre quelque chose que personne n’a vraiment voulu mais que tout le monde a validé par épuisement collectif. La chaîne est courte. Ce qui veut dire que la responsabilité est entière. Qu’il n’y a pas de réunion de coordination pour diluer les mauvaises décisions. Pas de validation en cascade pour noyer les bonnes idées. Ce qui sort de mon studio, je l’assume complètement, ce qui est, selon moi, la définition minimale du travail bien fait.

Ce que ça demande honnêtement



Travailler seule, ça ne s’improvise pas et ça ne se romance pas non plus. C’est une discipline sans témoin. Être à la fois stratège, exécutante, commerciale, standardiste et parfois psy de service quand le client traverse une crise existentielle sur sa palette de couleurs. C’est gérer les creux sans paniquer et les pics sans exploser. C’est savoir dire non sans un directeur de clientèle pour amortir le choc. Ce n’est pas pour tout le monde. Et prétendre le contraire serait mentir à vous, et à moi-même.

Ce que ça produit quand c’est bien assumé



Une cohérence que les grandes structures s’achètent rarement. Entre la vision et l’exécution, entre ce qu’on dit et ce qu’on fait, entre le brief et le rendu. Pas de déperdition, pas de photocopie de photocopie de photocopie où le brief finit illisible. Et une liberté de ton, de choix, de positionnement qu’aucune structure ne peut vraiment s’offrir parce qu’une structure a des actionnaires, des process, des habitudes, et une réputation collective à ménager. Moi, j’ai une réputation personnelle. C’est beaucoup plus motivant à défendre.

Vingt ans de métier en solo assumé pas par défaut, par conviction. La nuance est importante.

S.

Stéphanie

Directrice artistique / Studio Hush Hush